Dans le deuxième billet de cette série, nous avons vu qu’un bilan de santé financière commence par une étape d’observation de votre situation. Je vous propose maintenant de faire l’analyse de vos observations.

1) Situation personnelle et familiale

 

Si vous avez consulté la liste des éléments déclencheurs, vous aurez constaté qu’il y a plusieurs éléments propres à votre vie personnelle et familiale qui ont un impact financier. Quelle évaluation en faites-vous ?

La gamme des diagnostics possibles est trop large pour cet article, mais il y a un point sur lequel j’aimerais susciter votre réflexion : en ce qui concerne les finances de la famille, comment évaluez-vous la situation avec votre partenaire de vie ?

  • Comment évaluez-vous la qualité de vos communications sur les sujets financiers ?
  • Vos objectifs concordent-ils ?
  • Êtes-vous du style économe ou dépensier ? Qu’en est-il de votre partenaire ?
  • Avez-vous discuté de vos enjeux majeurs tels que le moment de la retraite, un achat important ou l’utilisation du crédit ?
  • Avez-vous une entente claire sur la gestion du budget familial ?
  • Si vous n’êtes pas mariés, avez-vous une entente écrite de vie commune ?

Dans l’éventualité d’une rupture :

  • Seriez-vous en mesure de vous entendre sur le partage des biens ?
  • Seriez-vous en mesure de déterminer la valeur des biens à partager ?
  • Connaissez-vous la valeur des biens que vous déteniez en propre au moment où vous avez entrepris la vie à deux ?
  • Arriverez-vous à vous entendre sur vos engagements financiers mutuels ?

Les difficultés financières sont à la source de bien des ruptures amoureuses. Si votre analyse vous a révélé des points faibles, il est temps de mettre sur pied une stratégie pour corriger la situation.

 

2) Situation financière

 

a) contrôlez-vous bien vos dépenses ?

Tous les experts en finances personnelles s’entendent sur le fait que les gens qui contrôlent bien leurs dépenses ont une valeur nette plus élevée par rapport à leurs contemporains ayant des revenus et une situation similaires.

La notion de contrôle des dépenses sous-entend la notion de budget et cela en rebute plusieurs. Établir et suivre un budget procure autant de plaisir que de suivre un régime alimentaire dans le but de perdre du poids. L’un et l’autre évoquent des images de privations. La bonne nouvelle, c’est que le budget n’est pas une absolue nécessité. La plupart des gens qui me consultent n’ont pas de budget, mais certains contrôlent leurs dépenses beaucoup mieux que d’autres. Il y a un phénomène psychologique derrière cela qui peut faire l’objet d’un long billet à lui seul. À moins d’être en situation de surpoids important, vous n’avez pas besoin de suivre un régime hypocalorique. De même, il vous faut une discipline budgétaire stricte que si vous dépensez plus que vous gagnez, accumulez des dettes et mettez en danger votre avenir financier.

Pour les autres, je recommande d’établir un plan de dépenses annuelles. Il s’agit d’un concept proposé dans le livre d’Anthony Robbins « L’argent : l’art de le maîtriser ». En gros, il s’agit d’un canevas où vous dressez les grandes lignes de vos dépenses pour l’année à venir. Cela vous permet d’ordonner vos priorités et, surtout, vous permet de contrôler vos impulsions de consommateur. Lorsque vous serez tenté d’acquérir une nouvelle chaîne de cinéma maison, vous pourrez vous demander si cet achat peut s’intégrer dans votre plan annuel de dépenses et, sinon, choisir quelle dépense sera éliminée pour respecter votre plan. Cette stratégie vous aidera à consommer en toute conscience. Les bénéfices que vous tirerez de cette pratique sont nombreux et pas seulement d’ordre financier. Les chercheurs australiens Megan Oaten et Ken Cheng ont démontré que les gens qui contrôlent leurs dépenses ont également de meilleures habitudes de vie. Contrôler ses dépenses peut aider à renforcer votre détermination et vous permettre d’atteindre des objectifs non financiers, comme mener une vie plus saine.

b) Épargnez-vous suffisamment ?

Il y a deux façons d’épargner. Vous pouvez mettre des sommes de côté pour un usage futur ou vous pouvez rembourser des dettes. Dans un cas comme dans l’autre, ces actions auront pour effet d’augmenter votre valeur nette et les deux vous procureront un rendement net après impôt.

La meilleure façon d’instaurer une discipline d’épargne consiste à mettre sur pied un programme d’épargne systématique par prélèvements de votre compte bancaire ou sur votre salaire. L’effort d’épargne doit être suffisant pour avoir un véritable impact, mais pas au point d’être contraignant. Il faut que vous puissiez « l’oublier » au bout de quelques mois.

  • Maximisez votre participation au programme d’épargne retraite ou au régime d’actionnariat qu’offre votre employeur.  Généralement, ces régimes permettent d’investir jusqu’à un certain pourcentage de votre rémunération et l’employeur verse une somme correspondant à la vôtre. Ne pas contribuer de façon à recevoir la contrepartie maximale de l’employeur équivaut à renoncer à une augmentation de salaire.
  • Saisissez l’occasion d’accroitre votre épargne lorsque vous recevez une augmentation de salaire. Dirigez une partie ou la totalité de cette augmentation vers un compte d’épargne ou d’investissement. Étant donné qu’il s’agit d’argent que vous n’aviez pas l’habitude d’avoir, vous pourrez facilement l’oublier et continuer à vivre avec le même salaire net qu’avant l’augmentation.
  • Si vous faites des versements hypothécaires mensuels et que vous recevez un salaire aux deux semaines, modifiez votre mode de remboursement pour qu’il corresponde à la fréquence de vos payes. Vous allez raccourcir la période d’amortissement du prêt et épargner une somme considérable en frais d’intérêts.
  • Privilégiez le remboursement prioritaire des dettes dont le taux d’intérêt est le plus élevé.

c) Contrôlez-vous bien votre crédit ?

  • Comment évaluez-vous votre situation d’endettement et l’usage que vous faites du crédit ?
  • Pour quelles raisons faites-vous usage du crédit ? Est-pour pour financer l’acquisition de biens durables ? Est-ce pour investir ou étudier ? Est-ce pour payer des dépenses de consommation comme l’habillement ou un voyage sous les tropiques ?
  • Quel est le taux d’intérêt sur vos prêts ?
  • Combien vous aura coûté un prêt, en frais d’intérêt, une fois qu’il aura été remboursé ?
  • Connaissez-vous bien les termes et la période d’amortissement de vos emprunts ?
  • Croyez-vous bénéficier des meilleures conditions d’emprunt sur le marché ?
  • Connaissez-vous l’état de votre dossier de crédit et pouvez-vous l’améliorer ?
  • Gagneriez-vous à consolider vos prêts ?
  • Avez-vous un plan pour accélérer le remboursement de vos dettes ?
  • Pourriez-vous rendre vos frais d’intérêt déductibles d’impôt en restructurant vos affaires ?

d) Pouvez-vous accroitre vos revenus ?

  • Connaissez-vous votre valeur sur le marché de l’emploi ?
  • Les concurrents de votre employeur offrent-ils de meilleures conditions de rémunération ?
  • Si vous travaillez à votre compte, votre tarification reflète-t-elle votre juste valeur ?
  • Si vous œuvrez dans la vente, avez-vous un plan pour accroître vos ventes ?
  • Pouvez-vous acquérir de nouvelles compétences et certifications professionnelles ?
  • Pouvez-vous démarrer une petite entreprise, soit en vous impliquant activement ou en étant partenaire silencieux ?
  • Obtenir un travail d’appoint que vous pouvez effectuer en dehors de vos heures de travail régulier ?
  • Lancer un petit commerce en ligne ?
  • Créer une source de revenu passif en convertissant une partie de votre maison en logement locatif ?

e) Comment se porte votre portefeuille de placements ?

  • Quel a été le rendement de vos placements au cours de la dernière année ?
  • Comment ce rendement se compare-t-il par rapport au marché en général ?
  •  Comment votre portefeuille progresse-t-il par rapport à vos prévisions ?
  • Avez-vous une politique de placement écrite ?
  • Votre répartition d’actif correspond-elle à votre profil d’investisseur ?
  • Votre stratégie d’investissement est-elle optimale par rapport
    • À vos objectifs ?
    • À votre situation financière ?
    • À votre situation fiscale ?
  • Comment évaluez-vous votre relation avec votre conseiller ou conseillère ?
  • Comment évaluez-vous les services qui vous sont offerts par votre institution financière ?

Dans le prochain billet

Dans le prochain billet, nous poursuivrons l’analyse avec de votre situation concernant la fiscalité, la retraite, le décès et la gestion des risques.

 

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